édition 2014 - 2015

La transatlantique des amateurs de 40 ans

Lorient 16 Juillet 2017 Barcelone 12 Juillet 2017

madère martinique

actualité

Retour
22 Juillet 2017

J’aime bien que le bateau aille toujours vite

Alexandre Ozon (Team 2 Choc) a coupé la ligne d’arrivée de l’étape Lorient – Madère à 5h 57’ 52’’ ce samedi 22 juillet, en grand vainqueur de la flotte des solitaires, 2 heures devant Jean-Pierre Kelbert (3DDI), devant les doubles, et quelques 70 à 80 milles devant le 3e solo. Son temps de course est de 5j 13h 57min 52s Chapeau bas. Jean-Pierre Kelbert est attendu vers 8h à Madère.

 

En tête dès les premières 24h de course, le charentais a, pendant presque 6 jours et 6 nuits, contrôlé son adversaire direct Jean-Pierre Kelbert. « Je l’ai marqué tout le temps, surtout au passage du DST du cap Finisterre. On a hésité, jusqu’au dernier moment… Heureusement qu’il ne m’a pas emmené à l’extérieur, je n’y croyais pas. Ensuite j’ai contrôlé, je n’ai quasiment pas lâché la barre. Je ne sais pas trop si j’ai dormi… »

Malheureusement, sa balise défectueuse n’a pas permis de suivre sa course… Mais lorsqu’on l’écoute raconter ses 6 jours de régate au contact avec Jean-Pierre Kelbert, on capte vite l’intensité que ce jeune quadra à mis dans cette première étape : « J’aime bien que le bateau aille toujours vite, il n’y avait que 6 jours de course, je savais qu’il fallait se faire mal pendant 6 jours. Dès que je pouvais attaquer, j’ai attaqué. Mon défaut c’est que je ne veux rien lâcher. La prochaine étape, je ne ferai pas pareil.

J’ai toujours dit que je visais un podium, c’était clair et net, je ne l’ai jamais caché. J’ai le bateau pour, j’ai le niveau, j’ai tout ce qu’il faut pour. »

 

 

En tête dès les premières heures de course

« Ce qui m’intéressait, c’était de garder Jean-Pierre (Jean-Pierre Kelbert) sur ma gauche. Tant que je l’avais là, c’était bon pour moi.

Avant le DST (zone de trafic maritime interdite aux voiliers au large du Cap Finisterre), on s’est décidé au dernier moment de passer à la côte. Je le surveillais, il a empanné, j’ai empanné tout de suite pour lui montrer que j’étais là pour jouer ! Et là, grâce à mon décalage à droite, j’ai pris 10 milles d’avance. »

 

Match race au large du Portugal

« Dans, et après, le DST, on a s’est contrôlé. Il y a eu des zones de pétole, il est parti très à la côte, à un moment. Je restais sur sa gauche, mais tout en contrôlant ce qu’il faisait parce que je me méfie du bonhomme, il sait faire !

Après, j’ai fait ma route, il est parti plus au large, j’étais un peu ennuyé parce que je ne pouvais plus le contrôler. »

 

Je n’ai plus lâché la barre !

« Comme je sais qu’il va vite, je n’ai plus lâché la barre ! Sous pilote je perds 10% de vitesse avec mon bateau. Il faut tout le temps le relancer. Donc j’ai fait une journée complète pour vraiment attaquer et je pensais me reposer la nuit… mais le vent est monté à 23 – 27 nœuds j’étais à 130° du vent, sous spi. Je ne pouvais pas lâcher la barre pour changer de voile. J’ai donc barré toute la nuit ! J’ai bourriné, bourriné… Je n’avais pas le choix, mais je n’ai pas recommencé, ce n’était pas très malin, même si j’ai gagné quelques milles. »

 

Tant qu’il y avait de la brise…

« Tant qu’il y avait de la brise, les conditions météo m’étaient favorables. Quand ça a molli, je ne savais pas si Jean-Pierre allait revenir, il était sur ma droite, il avait moins d’angle. Donc je savais que cela m’était favorable. »

 

Personne ne savait où j’étais

« C’était vraiment rigolo ce match-race avec Jean-Pierre parce qu’on a à peu près les mêmes vitesses, mais à priori il ne savait pas trop où j’étais ! J’ai été très embêté par cette balise, personne ne savait où j’étais. »

 

Dormir ? Je ne sais pas…

« Je ne sais pas trop si j’ai dormi, c’est un dossier que je n’avais pas du tout travaillé. J’ai fait des micros siestes. Un peu comme un chat qui dort avec toujours une oreille en alerte ! La première nuit je n’ai pas dormi, la première journée non plus. Je crois que je suis tombé une fois dans un sommeil profond pendant 1/2h mais le reste du temps ce n’était que des micro siestes, ça suffit en fait !

Je dors peu, mais je ne savais pas comment j’allais réagir sur l’eau. Je n’ai jamais mis de réveil, j’ai laissé faire… En revanche j’ai mis des alarmes de vitesse. Si je ne suis pas bon, ça sonne ! 

 

Tu es prêt pour faire un Figaro maintenant ?

« J’avoue que ça me travaille un peu… On verra, un projet après l’autre ! Pour l’instant c’est la Transquadra. Mais c’est un truc qui m’attire, en plus les bateaux se ressemblent un peu… »

 

Des enseignements pour la 2e étape

« C’est un peu trop tôt, il faudra un peu de recul, mais ce qui est sûr c’est que je ne ferai pas du tout la même chose. Là, sur 6 jours, je pouvais mettre de l’intensité. Hors de question de faire la même chose sur 15 jours parce que tu risques de rater des trucs, de faire des bêtises et ça peut aller loin les bêtises tout seul dans la brise… »

 

Fatigué ?

« J’ai eu un petit coup de pompe sur l’arrivée parce que j’ai fait une petite bêtise j’ai perdu 2 milles. Mais non ça va je ne me sens pas fatigué. En revanche, quand je vais me mettre dans mon lit je ne sais pas trop ce qu’il va se passer… Cette nuit j’ai dit « arrête de barrer ! » à un copain. Là je me suis dit que ce n’était pas bon signe ! Mais je n’ai pas eu d’hallucinations. J’étais parti dans un rêve… »

 

« Papa t’as gagné ! » 

« Je suis bien sûr content, mais ce qui va me donner le plus de fierté c’est quand je vais voir mes enfants et qu’ils vont me dire « Papa t’as gagné ! » 

Mais ce n’est pas fini, il y a la 2e étape. Je ne vais pas bouder mon plaisir celle-ci, j’ai peut-être 2h d’avance c’est tant mieux, mais ce n’est pas fini ! »

 

commentaires
le reste de l’actualité